Hawkesbury a ses problèmes
Par Richard Mahoney
Donc, la ville de Hawkesbury aurait ses propres problèmes. Et puis après? Connaissez-vous quelqu’un qui ait une vie parfaite? Demeurez-vous au paradis?
Toutefois, on ne peut ignorer la plus récente mauvaise cote qu’a reçue Hawkesbury, récemment, mais nous devons tout de même conserver certaines choses en mémoire.
Et, dans tous les cas, cela pourrait avoir des effets bénéfiques à moyen terme.
On peut dire que la réputation de Hawkesbury n’a pas été rehaussée par la plus récente controverse – ce fameux site web pour l’Université de Hawkesbury, une institution qui, dans les faits, n’existe même pas mais qui s’est arrangée pour s’attirer énormément d’intérêt. Bien qu’elle ne détienne pas une seule autorisation, l’Université de Hawkesbury s’est décrite comme un lieu de haut savoir offrant un large éventail de cours.
Mais le site web a été sabordé quand le gouvernement ontarien a émis une ordonnance restrictive, rappelant à son créateur qu’il faut suivre quelques étapes avant d’ouvrir une université en Ontario.
Hawkesbury s’est attirée l’attention des médias nationaux avec ce fiasco. Et, la semaine dernière, on a remis ça. Hawkesbury est décrite comme la pire place pour vivre au Canada par Money Sense Magazine, qui place la ville au 179e rang sur 179 municipalités de 10 000 habitants et plus qui ont fait partie de l’étude, au niveau du revenu familial.
Le magazine met en relief le fait qu’il y a certains désavantages à vivre loin des grands centres. Les habitants des petites villes ont moins d’accès aux « bons emplois » dans les grandes villes, qui paient bien et offrent généralement davantage d’opportunités de gagner bien plus d’argent et, apparemment, vivre des vies plus heureuses.
Il n’est donc pas surprenant de constater qu’Hawkesbury récolte une mauvaise note, considérant le fait qu’historiquement, le taux de sans emplois et d’assistés sociaux y est très élevé.
Bien qu’elle fasse de son mieux pour promouvoir la municipalité, la mairesse Jeanne Charlebois remarque qu’il faut bien reconnaître que personne ne risque de confondre Hawkesbury avec Wesmount, ou Outremont.
« Nous avons nos problèmes, mais la situation n’est pas aussi sombre que le laisse entendre l’étude », dit-elle.
Le revenu médian d’un ménage de Hawkesbury est plus bas simplement parce qu’il y a beaucoup de résidants qui tentent de vivre de revenus fixes, mais bas.
Environ 70 % des logements sociaux de Prescott et Russell sont situés à Hawkesbury. De plus, bien des gens ont perdu leur emploi au cours des dernières années. En même temps qu’elle remet en question la validité des chiffres énoncés dans Money Sense, la mairesse croit qu’il y a une lumière qui brille, quelque part, dans ce sombre tunnel.
Mme Charlebois croit que cette « mauvaise » étiquette pourrait être utilisée par la municipalité pour soutirer davantage de subventions des deux paliers de gouvernement, provincial et fédéral. Elle cite, par exemple, la facture que la municipalité doit payer pour les services de la Police provinciale de l’Ontario, une des plus élevées des deux comtés. Mais, si on se fie au classement de Money Sense, la ville serait pleinement justifiée de réclamer un allègement de cette facture de 3 M$ pour les services policiers.
«Nous ne pouvons pas la payer », lance Mme Charlebois. Et elle a ce magazine pour appuyer ses dires.
Les classements de Money Sense ne sont pas tous mauvais.
La municipalité figure mal dans des secteurs comme le revenu familial, les opportunités d’emploi, la criminalité et la culture. Mais elle s’en tire bien dans d’autres catégories, comme le logement abordable, les autos récentes en circulation et la croissance de la population.
De plus, nous devons garder en mémoire le fait que si les « meilleurs » endroits pour vivre sont des grandes villes, le coût de la vie est beaucoup plus élevé que dans les petites communautés.
Ainsi, ce mauvais classement pourrait, à long terme, favoriser Hawkesbury dans ses négociations avec les gouvernements. Il restera à voir ce qui pourrait sortir de bon du dossier de l’Université de Hawkesbury. « Nos intentions étaient honnêtes », insiste Ashraf Hossain Siddiky, l’homme derrière toute cette histoire.
L’idée était d’offrir aux résidants une opportunité de s’inscrire à un programme postsecondaire sans avoir à quitter la ville. Toutefois, il n’a pas eu la clairvoyance de s’informer de la législation en matière d’enseignement postsecondaire.
Nous avons tous surveillé de très près lorsque la nouvelle sur ce site web a commencé à circuler, le jour du poisson d’avril. Mais ce n’était pas une blague. La Police provinciale de l’Ontario a débuté son enquête. Le ministère ontarien de l’éducation, des collèges et des universités a, plus tard, émis une injonction ordonnant à M. Siddiky de retirer son site de la toile.
Bien que le site n’ait pas été correctement agréé, il a néanmoins publié de fausses informations. Toutefois, M. Siddiky soutient que tout cela n’a pas fait de victimes. Il n’a pas accepté d’inscriptions et n’a pas recueilli d’argent, dit-il. Mme Charlebois a laissé savoir qu’elle était « déçue » de toute cette histoire qui, fait-elle remarquer, aurait pu être évitée si le cheminement avait été suivi correctement.
Elle rappelle qu’après son élection, en 2006, M. Siddiky l’avait consultée au sujet de cette idée d’université. Elle lui avait souhaité bonne chance et lui avait conseillé d’entrer en contact avec le député Jean-Marc Lalonde, de même que les autorités provinciales. Maintenant que M. Siddiky dit que l’université n’était qu’une « proposition », il n’a pas fait ses devoirs. Pour un homme qui se dit capable de diriger une université, il fait montre d’un laxisme choquant dans l’acquisition des outils de base, comme l’obtention des permis appropriés. Mais l’idée d’une université n’est pas mauvaise, selon l’Association des citoyens de Hawkesbury.
« Le Conseil d’administration de l’Association des Citoyens de Hawkesbury désire faciliter la mise en œuvre d’une future université à Hawkesbury, collaborer avec le promoteur et toutes les instances gouvernementales municipales, provinciales et fédérales et aplanir le chemin vers la réussite de ce projet », affirme le président Jean Jolicoeur dans un communiqué de presse.
Comme il se doit, Mme Charlebois réplique que « bien sur, nous allons travailler avec eux, dans la mesure où ils suivent correctement la procédure ».
Un des effets immédiats est que l’Université de Hawkesbury est citée come exemple pour inciter la province à serrer la vis des universités privées. Peut-être que ce sera un des trop nombreux bénéfices qu’Hawkesbury va retirer de toute cette publicité négative.












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