Le bénévolat: un capital humain inestimable
Par Richard Mahoney
Voici un truc gratuit pour quiconque se recherche un emploi : s’impliquer pour une bonne cause.
Il n’y a aucune garantie que vous allez vous assurer le meilleur emploi sur la planète si vous mettez votre temps et votre talent au service d’une organisation sans but lucratif.
Toutefois, les chances de se trouver du travail augmentent considérablement lorsqu’on fait du bénévolat.
Le bénévolat vous permet d’établir des contacts avec plein de gens, incluant des employeurs potentiels. Et, si vous obtenez une entrevue pour un travail, les employeurs éventuels sont toujours impressionnés si vous faites montre d’initiative. Que vous ne demeurez pas assis sur vos « steaks » dans l’attente que le téléphone sonne.
C’est un des nombreux bienfaits que procure le bénévolat, une ressource inestimable qui a été officiellement reconnue lors de la semaine du bénévolat, qui a pris fin le 24 avril dernier.
Un autre avantage est l’impact sur les taxes.
Nous ne pouvons laisser le gouvernement tout faire pour nous, surtout dans le contexte fiscal actuel. Avez-vous pensé aux impôts que nous devrions payer s’il n’y avait pas de bénévolat? Bien sûr, il est très difficile d’établir la valeur monétaire de l’altruisme.
La fondation Trillium estime que dans l’Est Ontarien, plus de 9 400 bénévoles œuvrent pour les organisations communautaires un total de 333 000 heures par année. En valeur monétaire, cela représente 5,7 millions de dollars annuellement.
Nous voyons des exemples de bénévoles en action chaque jour de la semaine. Les bénévoles livrent pour la Popote Roulante, donnent un coup de main dans les musées et organisent des activités sportives. Ils sont de tous les groupes d’âge et de milieux différents.
Ce weekend, par exemple, le nettoyage annuel des parcs a lieu à Hawkesbury. Le 1er mai, avec l’aide d’adultes, une équipe de jeunes vont extraire l’équivalent de 400 sacs verts de déchets des terrains municipaux. L’an dernier, les jeunes ont amassé 392 sacs, plus de 234 sacs de plus qu’en 2008.
Le blitz est organisé par la Banque Alimentaire Centrale de Hawkesbury et le programme C’est Ta Communauté. Ces gens viennent en aide à des œuvres charitables. Pour chaque sac rempli, les organisateurs obtiennent cinq dollars de la municipalité et cinq dollars de la Banque de Montréal. L’argent est redistribué à des organismes communautaires. Le jour suivant, le 2 mai, le déjeuner aux crêpes Russell-Gauley, au profit de la Société canadienne du cancer, se tiendra à l’aréna de Vankleek Hill. Ce sont seulement deux exemples de bénévoles à l’œuvre.
Un événement majeur aura lieu, en 2011, et mettra à l’épreuve notre sens de l’engagement, alors que Prescott et Russell seront l’hôte du Concours international de labour et de l’Exposition rurale. Quelque 1 000 bénévoles sont nécessaires pour la bonne marche de cet événement, qui sera une des plus importantes activités à avoir lieu dans l’Est Ontarien. Si la météo est agréable, plus de 100 000 visiteurs sont attendus sur le site de trois fermes à Chute-à-Blondeau, du 20 au 24 septembre de l’an prochain.
Pas moins de 50 sous-comités seront formés pour assurer la bonne marche de ce méga-événement. Les groupes devront prendre part à la préparation du site, le transport, l’accueil des visiteurs, le marketing, les événements spéciaux et le concours proprement dit.
Tous les résidants âgés de plus de 16 ans sont encouragés à offrir leur temps et leurs talents pour faire de cette manifestation un succès. Bien sûr, il y a d’autres événements et de nombreux comités qui ont grandement besoin d’une bonne dose de sang neuf et de travail gratuit. Et, contrairement à la croyance populaire, les bénévoles ne sont pas seulement des gens retraités, bien qu’ils représentent un fort pourcentage des bénévoles actifs. Environ 65 % des adolescents font du bénévolat, selon certaines études. Dans la population en général, la proportion est de 45 %.
L’explication la plus logique est que dans plusieurs provinces canadiennes, incluant l’Ontario, les étudiants doivent fournir 40 heures de travaux communautaires comme pré-requis à l’obtention de leur diplôme de fin d’études.
L’idée derrière tout cela est de donner aux jeunes le sens du devoir civique. L’espoir derrière tout cela est qu’en forçant les jeunes à redonner, cela va les encourager à devenir de bons citoyens et à poursuivre leur implication bénévole, une fois qu’ils seront arrivés à l’âge adulte.
Et, bien sûr, les organisations sans but lucratif vont pouvoir compter sur une force de travail gratuite. Les recherches démontrent que le plus tôt les citoyens sont impliqués dans des activités bénévoles, le plus ils sont habilités à poursuivre leur bénévolat tout au long de leur vie.
Mais il y a, évidemment, tout un débat autour de cette question. Le bénévolat devrait être une question de choix, parce que vous voulez le faire, pas parce que vous le devez. Quel message envoie-t-on aux jeunes s’ils doivent peser le pour et le contre du service public? Un peu de bénévolat ou le risque de ne pas graduer?
De toute façon, nous faisons continuellement travailler les jeunes. Si les gens ont de la difficulté avec la notion de « bénévolat forcé », on peut toujours appeler cela autrement, comme un service communautaire planifié, contribution requise, ou quelque chose du genre.
L’argument principal est que le bénévolat n’a jamais fait de mal à personne. Bien des gens peuvent en témoigner. Même dans les provinces ou le bénévolat n’est pas obligatoire, la même proportion (65 %) de jeunes font du bénévolat.
Les Canadiens donnent neuf milliards de dollars par année aux organismes de charité et font du bénévolat à hauteur de deux milliards d’heures. Mais, durant ces temps économiques difficiles, les dons aux organisations sans but lucratif ont diminué au même rythme que les entreprises privées, qui ont dû se serrer la ceinture pour faire face à leurs propres problèmes.
Quelque 161 000 organisations caritatives au pays vivent des dons du public. Plusieurs d’entre elles ont pignon sur rue ici, chez nous. Si vous n’avez jamais fait de bénévolat, essayez un peu. Le bénévolat est une des rares activités dans la vie qui vaut ce qu’elle représente. La valeur du travail gratuit ne peut pas être mésestimée. Le bénévolat vous sort de la maison, vous aide à développer de nouvelles habilités, rencontrer de nouvelles personnes et paraît rudement bien sur un CV. Le bénévolat nous rappelle également que les meilleurs plaisirs de la vie sont gratuits.












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