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Au revoir, Clarence-Rockland!

23 avril 2010 Aucun commentaire

Par Richard Mahoney

La vie sans Clarence-Rockland.  Ici, dans l’est de Prescott et Russell, nos vies quotidiennes ne changeront pas drastiquement quand la Cité de Clarence-Rockland se décidera à quitter les Comtés unis.

Toutefois, à un niveau strictement bureaucratique et gouvernemental, le départ de la plus importante ville des Comtés unis de Prescott et Russell va causer un bouleversement majeur. Et, éventuellement, la perte d’un important contribuable – Clarence-Rockland contribue pour environ 25 % du budget des comtés – aura un impact sur nos comptes de taxes.

 

Mais, dans l’immédiat, tout ce que nous pouvons faire est de regarder la Cité se diriger lentement vers son inéluctable destination : quitter Prescott et Russell pour devenir un quartier d’Ottawa.

 

Notre grande sœur ne nous quittera pas si abruptement. Ce serait trop facile! Au lieu de cela, les membres du conseil de la plus importante ville des comtés font beaucoup de bruit pour s’assurer que tout le monde sache bien qu’ils ne peuvent plus accepter la situation actuelle.

 

La perspective d’un référendum sur la séparation revient sporadiquement au menu des discussions depuis bien des années. La prochaine élection, en octobre, sera une bonne occasion pour le conseil municipal de Clarence-Rockland de poser la question à ses commettants. Une requête en ce sens a d’ailleurs été acheminée au ministère ontarien des Affaires municipales.

 

Une résolution adoptée par le conseil municipal se lit comme suit : « Que le conseil municipal demande à James Bradley de considérer la soumission d’une question aux électeurs de la Cité de Clarence-Rockland concernant la restructuration de l’administration municipale en relation avec les Comtés unis de Prescott et Russell …»

 

Est-ce assez vague à votre goût?

 

Quoi qu’il en soit, la décision de se séparer doit être prise par la population de Clarence-Rockland et tout ce que nous pouvons faire, ici dans l’est, est d’espérer que les impacts ne nous rendront pas plus pauvres que nous ne le sommes déjà.

 

Clarence-Rockland a déjà un pied dans la porte. C’est déjà une banlieue-dortoir pour les employés du gouvernement fédéral. Elle va inévitablement rejoindre, ou être absorbée, par la ville d’Ottawa. Et avec cela, on peut dire Bye! à son statut francophone. Dans une dizaine d’années, Rockland va ressembler à Kanata ou Manotick.

 

Le premier pas vers la séparation a été ce faux débat entourant la redistribution des votes, quand on tient un vote enregistré aux Comtés unis. Le nouveau partage des pouvoir survient des années après que Clarence-Rockland se soit plainte que sa voix aux Comtés unis ne reflétait pas son importance. La Cité a, semble-t-il, des arguments pour illustrer ses prétentions.

 

Au cours d’une récente discussion, le conseiller municipal de Hawkesbury, Gilles Roch Greffe, s’est montré en désaccord avec les affirmations voulant que Clarence-Rockland économise quatre millions de dollars par année si elle se séparait des Comtés unis.  « Cela va leur coûter de 10 à 20 millions de dollars. Ils auraient intérêt à y penser à deux fois avant de quitter, a-t-il suggéré. Ils doivent présenter les vrais chiffres ».

 

Mais,  quelque part, on peut s’attendre à ce que la Cité présente une étude démontrant, avec de vrais chiffres, que la séparation a des impacts réels.

 

Clarence-Rockland n’a pas besoin de commander des études poussées pour étayer son argumentation. En 2009, les comtés ont récolté 31 M$ en taxes de la part des huit municipalités. De ce total, Clarence-Rockland a payé 8 M$, le Canton de Russell 6,3 M$ et La Nation 3,8 M$.

 

Hawkesbury, de son côté, a contribué à hauteur de 3,7 M$, Champlain 3,2 M$, Alfred-Plantagenet 2,9 M$, Casselman 1,4 M$ et Hawkesbury-Est 1,2 M$.

 

Clarence-Rockland détient désormais cinq votes lorsque des votes enregistrés sont tenus. Mais Hawkesbury-Est en a deux, un de moins que Hawkesbury. Cela n’a pas de sens que Hawkesbury, qui a le triple de la population de Hawkesbury-Est, ait seulement un vote de plus que sa voisine, selon ce qu’a fait remarquer le conseiller Gilles Tessier.

 

Une redistribution des votes en fonction de la population serait plus équitable, soutient M. Tessier. Mais ce système donnerait davantage de pouvoir aux plus grosses municipalités. Sous le nouveau processus de redistribution des votes, l’essentiel du pouvoir sera redonné aux grandes municipalités du comté de Russell, soit Clarence-Rockland, le Canton de Russell et La Nation.

 

Avec 15 359 électeurs, Clarence-Rockland se voit attribuer six votes sur un total de 25 votes détenus par les huit maires du conseil des Comtés unis. Actuellement, chaque membre détient un vote par tranche de 3 000 électeurs pour un maximum de cinq. Sous le nouveau système, ce plafond pourra être élevé.

 

Le Canton de Russell, avec 10 355 électeurs, obtiendra quatre votes, et la Nation, avec 8 944 électeurs, se voit allouer trois votes. La ville de Hawkesbury, avec ses 8 150 électeurs, obtient trois votes, tout comme Champlain, avec 7 116 électeurs et Alfred-Plantagenet avec 7382. Hawkesbury-Est, avec 3 066, obtiendra deux votes, alors que le village de Casselman, avec 2 737 électeurs, en reçoit un.

 

Bien que la nouvelle méthode soit équitable, sans surprise, les représentants des plus petites municipalités se plaignent. La mouvance du pouvoir dépeint simplement l’évolution des comtés. Si les petites municipalités dans Prescott souhaitent conserver une voix, ils devront faire tout ce qu’ils peuvent pour éviter les votes enregistrés. Et quand les votes enregistrés ne pourront pas être évités, les maires de Prescott devront tisser des alliances avec leurs voisins.

 

La faculté qu’auront les uns à vivre avec les autres pourrait devenir un autre enjeu électoral durant la campagne de 2010. D’ici ce temps, nous devons nous préparer à souhaiter bonne chance à Clarence-Rockland. Ou, comme on le dit dans la langue de Shakespeare, See Ya!

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