Il faut bien un plafond quelque part!
Par Richard Mahoney
Ce ne sont pas des jours gais pour les nombreuses personnes actuellement à l’emploi de la fonction publique ontarienne.
Les employés du secteur public – ils sont environ un million à travers la province – vont voir leurs salaires gelés. Ces mesures, comprises dans le récent budget provincial, vont indubitablement causer certains problèmes. Quelques leaders syndicaux prédisent que le gouvernement est en train de mettre la table à un conflit de travail.
Toutefois, il est apparent que le ministre des Finances, Dwight Duncan, prend une décision populaire en plafonnant les salaires des employés du secteur public.
La modération est encore et toujours de mise à un moment ou le gouvernement se bat contre une dette de plus en plus grande et le secteur privé qui tente tant bien que mal de demeurer la tête hors de l’eau.
« Chacun d’entre nous, qui sommes payés avec l’argent des taxes, avons un rôle à jouer ici. Nous sommes tous dans le même bateau », a dit M. Duncan lors de la présentation du budget.
Le déficit provincial est de 21, 3 milliards de dollars, cette année. Il sera de 19,7 milliards, l’an prochain. Toutefois, il y aura des déficits pour bien des années. La dette de l’Ontario continuera de grimper jusqu’en 2018.
La masse salariale représente 50 % des dépenses de l’État. Le chèque de paie des fonctionnaires est conséquemment un bon endroit pour débuter une cure d’amaigrissement. Le gel salarial va affecter 1 060 000 Ontariens, ce qui représente 16 % de l’ensemble de la main-d’œuvre globale de la province.
Ce nombre inclut 710 000 employés syndiqués.
La nouvelle mesure a préséance sur les contrats des employés non-syndiqués. Les syndiqués, de leur côté, devraient suivre le bal dès la fin des conventions collectives actuellement en cours.
À peine quelques jours après que le budget eût été déposé, la plus récente liste des employés gagnant 100 000 $ et plus a été publiée par le ministère des Finances. En 2009, le nombre d’employés du secteur public faisant partie du sélect Club des 100 000 $ et plus s’est apprécié de 19 %.
« Pour comprendre pourquoi l’Ontario se heurte au plus important déficit de son histoire – plus grand que la Californie – jetez un coup d’œil au club des 100 000 $ », a dit Kevin Gaudet, directeur national de la Fédération canadienne des payeurs de taxes (Canadian Taxpayers Federation ).
En trois ans, ce nombre a grimpé de 91 %, passant de 33 440, en 2006, à 63 837, en 2009. L’an dernier, le nombre de membres du club des 100 000 $ totalisait 53 572. « Les salaires sont seulement la pointe de l’iceberg. Ajoutez à cela la sécurité d’emploi et des fonds pensions exorbitants », ajoute-t-il.
Voici quelques points à prendre en compte.
- 164 personnes gagnent plus de 400 000 $.
- 1 210 personnes gagnent plus d’un quart de million de dollars.
- Dans le secteur primaire et secondaire de l’éducation, incluant les professeurs, les chefs de service et les directeurs, on en retrouve 7 418 sur la liste.
- Thomas Mitchell, président de l’Ontario Power Generation (OPG) a gagné plus d’un million de dollars.
« Il y a une différence de plus en plus grande entre les employés et ceux, privilégiés et surprotégés, du secteur public. Cela doit cesser », ajoute M. Gaudet.
Au même moment, le gouvernement provincial hausse le salaire minimum à 10,25 $ l’heure, offre un nouveau crédit de taxes remboursable de 260 $ par personne et améliore le crédit d’impôt foncier pour les contribuables de la classe faible à moyenne.
Bien que ce soit de bonnes nouvelles, la région continue de suivre cette triste tradition d’être la plus pauvre en Ontario. Selon Statistiques Canada, la moyenne de revenus pour un résidant de Hawkesbury qui occupe un emploi à temps plein est de 33 950 $, sous la moyenne provinciale de 44 748 $. Les hommes sont mieux payés que les femmes. À Hawkesbury, le revenu moyen pour un homme était de 40 064 $, contre 27 217 $ pour une femme. La moyenne provinciale est de 50 057 $ pour un homme et 38 914 $ pour une femme.
Ainsi, la disparité entre les employés gagnant plus de 100 000 $ par année et le reste de la population continue de grandir. Ce fossé fait se demander si nos dirigeants sont en mesure de bien saisir l’importance des pressions quotidiennes avec lesquelles doivent composer la plupart des gens.
Quand vous rapportez 100 000 $ à la maison, vous souciez-vous de vos factures de chauffage, une dent malade ou un toit qui coule? Et ceux qui préparent les budgets et déterminent les taux d’imposition sont-ils en mesure de comprendre ce que peut représenter un seul point de pourcentage sur les payeurs de taxes?
Nous prenons pour acquis le fait qu’il existe bien des raisons pour expliquer pourquoi certaines personnes gagnent autant d’argent. Qu’ils méritent chaque dollar qu’on leur donne et qu’ils méritent aussi les hausses de salaires qu’ils obtiennent.












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