Un produit dégueulasse
Par Richard Mahoney
L’ignorance n’est pas un péché, mais on sait aussi que ce n’est jamais bon de jouer à l’autruche et se cacher la tête dans le sable. Être bien informé constitue une force lorsqu’on a à affronter un problème, quel qu’il soit.
Bien trop d’entre nous en avons appris plus qu’il n’en faut au sujet du crystal meth depuis l’été dernier, lorsque la police provinciale de l’Ontario a réalisé une importante saisie, point culminant d’une opération sous couverture dans le marché de la drogue de Hawkesbury, Alexandria et les environs.
Vous vous rappellerez qu’à la fin du mois de juillet, la PPO avait annoncé que ses officiers avaient saisi 2 506 comprimés de méthemphétamines (ou speed) et 183 comprimés d’oxycodone, plus du haschisch, de la marijuana, de la cocaïne, du tabac de contrebande et des stéroïdes.
Les policiers ont procédé à l’arrestation de 21 personnes qui font face à 148 accusations, allant de trafic à possession de drogues, en passant par possession dans le but d’en faire le trafic. Les policiers n’ont toutefois pas découvert de laboratoire dans la région – ces produits meurtriers sont confectionnés dans des laboratoires de Montréal et vendus ici, principalement aux jeunes.
Il est évident que la région est « saturée » de drogues illicites, a déclaré la police.
Sur une période de deux ans, trois overdoses de méthemphétamines ont été rapportées à Hawkesbury.
Mais, qu’est-ce que cette substance?
La méthemphétamine porte plusieurs noms – crystal, meth, tina, jib, yaba, glass, tweak, crank, ice. Le crystal meth est considéré comme un puissant stimulant, potentiellement plus addictif que bien d’autres drogues. Il ne coûte pas cher à produire, mais ses ingrédients actifs sont toxiques et hautement volatiles. Pour chaque kilo de crystal meth produit, au moins cinq à six kilos de déchets toxiques sont générés.
La recette pour le meth inclut de l’antigel, de l’alcool à friction, de l’acide muriatique (un acide puissant utilisé pour le nettoyage), du peroxyde d’hydrogène et de la pseudoéphédrine.
Le crystal meth stimule le système nerveux central comme le fait l’adrénaline.
Voici quelques uns de ses effets : hausse des battements cardiaques et de la pression sanguine, augmentation de l’énergie et de l’acuité des sens, baisse de l’appétit, de la soif, du sommeil et de la douleur, température interne du corps plus haute, grincement des dents, déshydratation, coup de chaleur, infarctus, perte de poids, hygiène dentaire déficient, trouble de l’humeur et du sommeil, dépression, anxiété, isolement, déboires financiers.
L’utilisation prolongée développe une tolérance aux méthemphétamines, ce qui veut dire que le consommateur aura besoin de davantage de drogue pour assouvir sa dépendance.
En certaines occasions, des utilisateurs deviennent tellement « accros » qu’ils perdent leur maison. Les symptômes d’une intoxication au crystal meth sont difficiles à cacher. Par exemple, les utilisateurs peuvent avoir l’impression qu’ils ont des insectes qui leur marchent sur la peau, avec comme résultat qu’ils se grattent jusqu’au sang. Jusqu’à se causer des blessures qui finiront par s’infecter.
Un autre problème inhérent au crystal meth est ce qu’on appelle la « bouche meth ». Plusieurs consommateurs peuvent avoir d’importantes caries, parfois causées par une réduction de l’afflux sanguin aux dents et aux gencives, de même que par une bouche privée de salive.
Stratford, hôte du Festival de Shakespeare, a un autre titre, celui de « capitale du crystal meth » en Ontario. En juin 2005, le Toronto Star a déclaré le comté de Perth – ou Stratford est située – la « capitale du crystal meth » en Ontario. Des 19 laboratoires démantelés par les autorités, cette année-là, 13 étaient situés à Stratford.
Ce n’est pas un attrait unique que vous retrouvez dans les dépliants touristiques, hein?
Les autorités du comté de Perth ont réalisé qu’elles n’étaient pas seules. Le commerce de la meth est florissant en Amérique du Nord. La force spéciale d’intervention dans le comté de Perth a été créée en 2005. À peu près au même moment, le maire du canton de Russell, Ken Hill, a rencontré le co-président et maire de Stratford, Dan Mathieson. C’est à ce moment que M. Hill a décidé de former la coalition contre les drogues dans Prescott et Russell. La saisie de drogue de l’été dernier n’a fait qu’appuyer davantage le besoin d’une action concertée.
Le comité anti-drogue du comté de Perth comprend un vaste éventail des forces vives de la communauté. On y retrouve des représentants des forces policières, des services de lutte contre les incendies, des commissions scolaires, des pharmaciens, des conseillers en désintoxication et des services de santé, de même que des élus de tous les paliers de gouvernement.
La coalition de Prescott et Russell a attiré environ 150 personnes lors d’une conférence présentée récemment à Rockland. La conférence portait un titre bien à propos : « Les drogues : Saviez-vous? »
Comme le fait remarquer le président de la coalition, la clé de l’efficacité de n’importe lequel programme anti-drogue consiste de s’attaquer à la source. Les drogues sont peu chères et faciles à trouver.
C’est par ailleurs un marché très lucratif. Les dealers paient 4 $ pour un comprimé et le revendent 8 $. Et il y a tout plein de consommateurs. Les trafiquants ont déclaré ouvertement qu’ils avaient un problème pour répondre à la demande de crystal meth à Hawkesbury. Un revendeur a apparemment vendu 1 000 comprimés en à peine une heure.
Les vendeurs de meth ont été affublés de tous les noms. Certains les ont décrits comme des cafards. Un part, d’autres arrivent. Le problème a aussi été comparé à un virus. Quand il s’implante, il se répand plus rapidement que le H1N1.
« Si nous ne faisons rien, les producteurs vont venir s’installer ici et vont se multiplier. Nous ne voulons pas avoir la réputation d’être un paradis pour les pushers. Nous devons lancer le message qu’ils ne sont pas les bienvenus ici. La communauté doit se serrer les coudes, soutient M. Hill. Mon collègue, le maire de Stratford, a décidé de me prêter main-forte pour mettre en place la coalition de Prescott et Russell, à condition que je ne le fasse pas pour me faire du capital politique. Ce n’est pas seulement mon combat, c’est celui de toute la communauté. J’invite toute la population à joindre les rangs pour ériger un front commun ».
Ce n’est pas un problème facile, mais rien que le fait de l’admettre constitue un pas dans la bonne direction.












Salut Richard,
Oui je suis d’accord avec toi,,, comme tu le dit de voir notre jeunesse effectée par ca,,, et le pire je suis sure que les polices de Ont, du Qc, connaissent les vrais King pin (Boss), pourquoi ce n’est pas eux qui sont pas en prison,,
C’est drole j’en connais deux moi…
Gerald
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