Perdre les pédales avec le virage vert
Par Richard Mahoney
Si personne ne s’oppose à l’énergie « verte », il est clair que ce mouvement en faveur de formes d’énergie renouvelable aura des impacts sur la vie rurale dans l’Est Ontarien.
À St-Eugène, un parc solaire a été approuvé cet été; EDF EN Canada planifie d’ériger des panneaux solaires près de St-Isidore; une dizaine d’autres projets sont en ébauche sur d’autres terres, toutes situées à l’est d’Ottawa.
Il est également clair que la population locale n’aura pas grand-chose à dire sur l’endroit qu’on choisira pour ces installations.
Plus tôt, cette année, les résidants de Hawkesbury Est ont appris qu’ils avaient bien peu de pouvoir quand ils ont tenté futilement de stopper la construction d’un parc de capteurs solaires sur des terres arables de première qualité près de St-Eugène.
Le 23 juin dernier, la Commission municipale de l’Ontario (CMO) donnait gain de cause à Solaris Energy Partners, d’Ottawa, pour l’érection de capteurs solaires sur 110 hectares de bonne terre. Ça a été « un jour sombre pour les fermiers de l’Est de l’Ontario », a noté le groupe des 11, qui s’opposait au fait qu’on choisisse de bonnes terres cultivables pour le projet.
Avant d’approuver le plan de Solaris, la CMO a cassé un moratoire d’une année imposé par la ville de Hawkesbury-Est sur tout projet de parc solaire. Le canton réclamait davantage de temps pour étudier les impacts possibles que de tels développements risquent d’engendrer.
La prise de position non-équivoque de la CMO a lancé un message clair aux autres municipalités qu’il était bien inutile de tenter de « geler » ce genre de projet.
Solaris a argumenté avec succès que, si le moratoire n’avait pas été contesté, « il y aurait eu des conséquences directes sur le processus de planification si chaque municipalité – confrontées à l’inconnu – avaient répliqué avec un moratoire afin d’acheter du temps pour aller à l’encontre d’autres projets tout aussi légitimes ».
La CMO s’est rangée du côté de Solaris. « D’un côté, une ville bien informée est d’intérêt public; la maxime veut toutefois que savoir poser la bonne question représente les trois quarts de la réponse. Ici, le canton a maintenu qu’il avait reçu une demande, mais sans savoir quelle question poser. De l’autre, la tentation pour les municipalités de partir en expédition de pêche est indéniable ».
Une petite consolation, pour les opposants au projet Solaris, se retrouve dans les nouvelles politiques du gouvernement ontarien. Elle vise à prévenir l’utilisation de bonnes terres cultivables pour l’établissement de projets d’énergie verte. Pour l’essentiel, le gouvernement est d’accord avec l’argument voulant que les terres cultivables soient soustraites à de tels projets. Mais la nouvelle mesure arrive trop tard pour avoir un quelconque impact sur le parc solaire de St-Eugène.
Pendant ce temps, le débat se réchauffe à St-Isidore, ou la municipalité de La Nation analyse une proposition émanant de la filiale canadienne d’EDF (Électricité de France) pour l’établissement d’un parc solaire sur des terres situées au sud du village.
Comme prévu, les commentaires sont partagés.
Les futurs voisins d’EDF croient que le projet va générer de la pollution visuelle, tandis que les fermiers appréhendent de perdre davantage de bonne terre arable.
Le conseiller François St-Amour est de ceux qui sont préoccupés. En se fondant sur les documents présentés lors d’une récente rencontre d’information, les panneaux seront situés à moins de 10 mètres des clôtures de leurs voisins. Cette zone tampon n’est pas assez suffisante.
Le conseil de La Nation note que le gouvernement a fait fi des autorités locales au profit des projets verts. Les municipalités doivent adhérer aux exigences imposées par la province. Pendant ce temps, EDF insiste sur le fait qu’elle est à l’écoute des préoccupations du milieu.
Environ 150 emplois temporaires seront créés durant la construction des nouvelles installations, fait remarquer l’entreprise, qui construit actuellement un autre parc solaire près d’Arnprior. Le projet nécessite un investissement de 100 M$ de la part du géant européen de l’énergie. Ses 300 000 panneaux solaires vont produire 20 mégawatts d’électricité, sur une base annuelle, soit assez pour fournir l’énergie nécessaire à 7 000 résidences.
Le maire de La Nation, Denis Pommainville, qualifie l’énergie solaire comme étant la meilleure forme d’énergie renouvelable. C’est non polluant, insonore et ne détruit pas les terres, dit-il. L’empreinte laissée par le solaire est moins destructrice que celle laissée par l’eau, le charbon, le vent et le nucléaire. Toutefois, comme le font remarquer de nombreux critiques, les zones rurales vont subir un grand impact si le développement se poursuit sous sa forme actuelle.
Le gouvernement aurait du promouvoir un peu partout l’établissement de parcs solaires. Davantage de panneaux devraient être installés dans les viles, sur le toit des maisons, des entreprises, des écoles, des hôpitaux et le long des autoroutes.
Apparemment, la grande quantité de terres situées près des grandes villes interpelle les firmes qui planifient des opérations à grande échelle.
Les nouvelles politiques provinciales, élaborées pour réduire le recours aux canaux conventionnels pour l’approvisionnement en électricité, favorisent la mise en place de nouvelles sources.
La fameuse expression « pas dans ma cour » ne suffira plus. Dans la mesure ou les normes environnementales et en matière de sécurité sont respectées, les municipalités n’auront plus le loisir de rejeter les projets d’éoliennes, de panneaux solaires ou de centrales au biodiésel pour le simple motif qu’elles n’aiment pas cela.
Il y a de moins en en moins de bonnes terres disponibles. Les fermiers n’ont accès qu’à 13 % des terres privées dans la province. Personne ne peut être contre les mérites de l’énergie solaire. Mais, à mesure que le mouvement vert prend de l’ampleur, il faut s’assurer que qu’aucun sol arable ne soit détruit.












Prudenne en ce qui concerne les terres arables. Pourquoi avoir choisi St-Eugène, St-Isidore etc. Est-ce qu`ìl y a moins de soleil dans les collines du Québec voir même les zones rocailleuses de l`Ontario.
Le lecteur averti se souviendra des années 80 alors que le gouvernement avait déclaré un moratorium sur la construction d maison à Orléans. Bien voilà que depuis ce temps, 6 km de bonnes terres ont été mangés.
Je suis suporteur des moulin à vent, panneux solaire etc mais je déplore le manque de jugement de nos dirigeants. Qui est l`imbécile à la CMO qui a approuver l`utilisation de bonne terre. probablement un citadin qui pense que le lait est pondu par des poules…
Ne pourrions peut-être envisager de placer les panneuax sur les toits des batiments à Ottawa. Le cntre Scotia par example.
Laissez votre message !